Françoise Guynet : « Le Reiki, pour moi, c’est un art de vivre »

« Dès lors qu’on s’intéresse à une approche énergétique, on commence à entretenir son être sur le plan vibratoire ». Françoise Guynet est maître Reiki. Elle partage un cabinet sur le boulevard des Belges à Lyon avec d’autres thérapeutes. Son site internet http://www.monequilibrelyon.fr/ présente les différentes méthodes qu’elle utilise. Elle est une personne passionnée qui s’investit en profondeur dans tout ce qu’elle entreprend : « C’est un caractère inné inscrit dans ma personnalité depuis toute petite ». Et le Reiki en est la preuve, cette grande curieuse de la vie propose de l’aide ou des formations à toute personne désireuse d’approfondir un travail personnel sur un plan physique ou plus spirituel.

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« Le Reiki, pour moi c’est un art de vivre », entame Françoise Guynet. « On y trouve des méthodes qui permettent d’améliorer la vie. Individuellement, déjà, car on se comprend mieux, on en apprend davantage sur notre caractère, nos émotions. On découvre nos limites, celles de nos capacités à la fois physiques et psychiques ». C’est également un moyen holistique grâce auquel la praticienne exerce son activité : elle aide les personnes à remettre en route leur capacité d’autoguérison. Grâce à cette méthodologie, elle dispose de nombreux outils « pour améliorer la situation » de ses clients. « Le Reiki prend en compte de nombreux paramètres. Il dispose de techniques pour mieux respirer, mieux canaliser son énergie, et rétablir une meilleure circulation dans le corps. Il y a aussi des outils mentaux, émotionnels ». L’aspect énergétique est également très présent.

L’énergie : un axe de travail primordial pour un praticien de Reiki

« L’énergie est non palpable, non visible. C’est une forme, une densité, que l’on peut calculer en fréquences ou en hertz. Les radiesthésistes utilisent l’échelle de Bovis. Pour les musiciens on parle d’ondes musicales. Au niveau de la lumière, le spectre des couleurs, c’est encore de l’énergie ». Mais de quoi s’agit-il exactement ? Cet aspect de la vie que l’on ne peut pas considérer à l’aide de nos cinq sens est pourtant bien présent dans notre existence. Lorsque nous parlons, nous envoyons des ondes sonores aux oreilles de notre interlocuteur. « L’énergie a plusieurs plans vibratoires : elle est toujours en ondulation. Elle est perceptible par exemple lorsque l’on jette une pierre dans une flaque d’eau. Elle fait toujours ce type de vibrations. Avant d’être un corps physique, nous sommes de l’énergie. Chaque être vivant a une emprunte qui se définit par la vibration de l’être, toujours en mouvement. Quand il n’y a plus de vibration, tout devient inerte. L’inertie c’est la mort ».

Selon Françoise Guynet, prendre soin de ses énergies, c’est le meilleur moyen d’entretenir une bonne santé. « Avec le Reiki, on maintient les vibrations les plus élevées possibles. Mais elles sont fragiles. Physiquement, un accident, peut provoquer une nette diminution de l’énergie. C’est aussi valable pour un événement traumatisant de la vie, ou des situations relationnelles instables ». Des blessures génèrent des souffrances, auxquelles sont sensibles nos différents corps énergétiques. « Au plus cela nous touche profondément dans notre corps, au plus la souffrance est susceptible de nous déséquilibrer ».

« On parle de la vie en général, d’êtres vivants », explique la maître Reiki. « Cet aspect énergétique, c’est la forme subtile de toute vie, qui se matérialise sur un plan éthérique et physique. Grâce au Reiki, nous sommes sujets à des prises de conscience, des réflexions personnelles, qui nous apportent une autre manière de considérer les choses, d’écouter, de regarder, de contempler. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, d’ailleurs. Cela améliore aussi beaucoup la relation aux autres personnes ». Et Françoise Guynet a de quoi témoigner : elle a commencé ses questionnements en profondeur en 2004, puis le Reiki en 2008. Une histoire qu’elle prend plaisir à raconter.

L’histoire de vie de la maître reiki

Quand Françoise Guynet s’investit, elle le fait avec beaucoup d’amour. « Depuis toute petite, j’ai cette capacité d’écoute. Je donnais même des conseils à mes frères et sœurs à l’époque », rigole la praticienne Reiki. « Je n’ai jamais été timide mais plus jeune, j’étais observatrice et réservée. Et comme pas mal de personnes, j’ai suivi des principes éducatifs qui n’étaient pas forcément mien ». Elle obtient un baccalauréat Mathématiques et Philosophie. « Ces deux options définissent bien mon caractère : je suis à la fois cartésienne et pratique, et grande philosophe ». Et elle valide un BTS Tourisme deux ans plus tard. Au bout de dix ans à s’épanouir en tant qu’intérimaire dans l’assistanat commercial et dans la direction commerciale, en 2004, « quelque chose me disait que je n’avais pas encore trouvé ma voie », elle commence à s’interroger sur elle-même et le sens de sa vie.

« Il n’y a pas de hasard : beaucoup de choses se produisent quand on comme à se poser ce genre de questions ». Dans son esprit, elle formule intentionnellement l’intention de se découvrir : « Des synchronicités ont commencé ». Une de ses amies l’invite un jour à une conférence, alors qu’elle s’interroge déjà. « C’était sur la raison et l’esprit ». Elle y va et met un premier pied dans un monde qu’elle ne connaît pas encore. « Petit à petit, au travers de stages individuels et collectifs, avec différentes personnes, un puzzle commençait à se construire. J’ai appris comment l’intellect et le cerveau fonctionnent, et comment le corps ou le cœur arrivent à en intégrer ces aspects. Comment on pouvait être un être global avec une conscience infinie. Et j’ai commencé à être régulière dans ma pratique ».

« Ce n’est qu’en 2008 que j’ai ressenti le besoin de me tourner vers le Reiki. Un ami m’a donné les coordonnées d’un enseignant dont il m’avait parlé quatre ans plus tôt. Ma première initiation Reiki a été une révélation. À en pleurer de joie ». Françoise Guynet entre alors en contact avec son essence profonde. Elle passe le premier niveau, puis, trois mois plus tard, le suivant. « Ce deuxième niveau m’a donné tous les outils dont j’avais besoin pour aller explorer mon être plus en profondeur. Dans tous ses niveaux de conscience. Je suis allée plus loin dans l’aspect mental et émotionnel. Dans le passé aussi. À ce moment-là, on devient vraiment un grand explorateur ». Un an plus tard, lors d’un congrès Reiki qui se déroule une fois par an à Evian, elle rencontre son futur maître-enseignant, et passe dans la foulée, le troisième niveau, l’avant-dernier : « la maîtrise ». Peu à peu, elle sait qu’elle va en faire sa vocation. « J’ai pris deux ans pour continuer mes formations, ajouter d’autres cordes à mon arc. Comme je suis une kinesthésique et une empathe, j’ai choisi d’ajouter au Reiki la réflexologie plantaire et faciale, et des massages énergétiques ». Mais pour en arriver là, il lui a fallu passer par une grande période de remise en question.

La remise en question : un passage obligé

« La remise en question est une grande étape ». Françoise Guynet prend conscience de tous ses schémas mentaux programmés qui lui disent de continuer comme elle l’a toujours fait, mais aussi de tous ses questionnements. « Soit il faut se battre avec notre environnement, soit, selon notre entourage, les gens nous accompagnent. J’ai eu la chance que des personnes m’ont suivie. Ils ont su lire en moi certaines capacités ».

« Quand on se lance dans un parcours comme celui-ci, il est important d’avoir un minimum de soutien autour de soi. Si des gens ne croient pas en nous, dans notre évolution, on vit des moments difficiles. Et, le bien-être et le développement personnel sont des secteurs d’activités encore peu reconnus. Si on n’a pas suffisamment de force, de courage, de volonté, d’énergie, on ne va pas y arriver. Il faut penser au plan personnel et psychologique. Et financièrement, il faut prévoir ».

Françoise Guynet termine : « Le Reiki me donne cette capacité à adoucir tout ce que je vis. Il m’accompagne dans les crises. Je peux aussi le remarquer lorsque j’enseigne aux gens, par exemple lors de périodes de deuils. La personne qui vit la situation s’en sort avec beaucoup plus de douceur, et cela grâce au Reiki ». Alors durant cette période de coronavirus, pourquoi ne pas se fier à des personnes comme elle, pour améliorer notre taux vibratoire, et pourquoi pas, en sortir plus fort ?

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Mon expérience avec Epid’amour : un cadeau de l’Univers

Epid’amour, c’est un réseau de coachs professionnels réunis par Lionel Calderini. Ils proposent leurs services gratuitement jusqu’à au moins fin avril à toute personne désireuse de se faire accompagner durant la période du coronavirus. Au départ, l’idée était de fournir un appui aux médecins. Puis, le mouvement a pris de l’ampleur et s’est ouvert à la France entière. J’ai décidé d’essayer : voici comment se sont déroulées mes séances avec Epid’amour.

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Il faut s’inscrire sur le site internet. Je rentre mon adresse mail et mon numéro de téléphone, et en moins de 48 heures, je suis contacté par ma future coach. Le rendez-vous est convenu dans la semaine. Voici comment se sont déroulées mes quatre première séance.

Première séance : découverte de l’enfant intérieur

Une interrogation : « Comment ça va Pierre ? ». Je ne sais quoi répondre : « J’ai bu beaucoup de café aujourd’hui ». Je ne m’attends à rien de particulier, mais à tout à la fois. À ce moment-là, je pense aller bien. Je sais que je manque cruellement de confiance en moi, mais en théorie, pas en pratique. Ma coach s’appelle Laurence, elle se présente, puis commence à m’interroger sur mon état d’esprit. Elle ne m’impose rien. Elle suggère, me pousse dans mes retranchements. Je ne suis pas certain d’être légitime pour une séance de coaching, je pense qu’il y a de nombreuses personnes en France qui le méritent plus que moi, qui sont plus susceptibles d’être aidées. En même temps, je suis curieux, et une petite voix au fond de moi me dit d’aller plus loin, de persévérer. De me laisser une chance.

Je lui raconte ma vie, les périodes sombres de mes études supérieures. « Pourquoi penses-tu avoir été sujet aux addictions ? » me demande-t-elle. C’est vrai. Je n’y pensais pas. Mais il y a certainement une raison. Me pousser dans mes retranchements, c’est aussi me permettre d’observer mes mécanismes. Ceux mis en place depuis l’enfance. Mon système de croyance et mon ego. C’est éprouvant d’une certaine manière. « Il n’y a pas de hasard si nous sommes tombés l’un sur l’autre » m’explique-t-elle. Et pour cause, on partage tous les deux une croyance en l’Univers. À la fin de cette première séance, j’en ressors différent. Et Laurence m’invite à laisser parler mon enfant intérieur, à l’écouter me raconter ses blessures. Des questions sont nées dans mon esprit, une autre manière de voir les choses. Personnellement, je commence à comprendre que je suis légitime pour effectuer ces six séances de coaching. Quelque chose de merveilleux m’attend.

Deuxième séance : laisser le choix aux autres

La deuxième séance porte davantage sur ma relation avec les autres. Le fait de les laisser exister, hors de mon esprit. Les laisser être pour me laisser être aussi. « En accordant de la valeur aux choix des autres, tu t’accordes peut-être plus de valeur, Pierre », interroge Laurence. Auparavant, j’avais cette blessure, qui me laissait croire que l’Univers entier était contre moi. Réaliser que les autres existent, hors de moi, à part entière, c’est quelque chose qui peut sembler intuitif, mais qui ne l’était pas pour moi. Une première prise de conscience, qui très vite, en entraîne une autre : celle que l’Univers est à la fois en moi et en dehors de moi.

Troisième séance : découverte de l’Amour de soi

Grâce au travail commencé avec Laurence, j’effectue un gros travail sur moi durant la semaine. Les diverses prises de conscience m’amènent à comprendre en pratique que l’instant présent est le seul valable : l’ici et maintenant. Quand je suis au téléphone avec ma coach, je lui explique mon expérience : « J’ai le sentiment de vivre une nouvelle expérience, c’est comme-ci une nouvelle dimension s’offrait à moi. C’est la même réalité qu’auparavant, mais avec plus de profondeur ». Je m’interroge : suis-je assez explicite ? Je vis, relié à une autre part de moi, plus profonde, que j’ai recouverte avec de nombreuses couches d’ego. La séance se termine et Laurence me questionne : « Et si tout ça n’était qu’un jeu, une illusion ? Autant en profiter pour en tirer le maximum de plaisir ? ».

Elle m’explique avoir eu le sentiment, lors de la première séance, que je ne m’aimais pas vraiment, que je n’avais pas confiance en moi. C’est exactement le travail que ces semaines de confinement m’amènent à réaliser. Je commence à intégrer la notion d’Unité.

Quatrième séance : retour vers le passé

Cette semaine, je l’ai passée en pleine introspection. Des douleurs resurgissent. Que j’avais refoulées tout au fond de moi. J’en fais part à Laurence. Elle m’explique que c’est un travail long et courageux de se regarder dans le miroir. Faire face à soi-même, c’est faire resurgir des douleurs enfouies, se permettre de les regarder en face et pouvoir leur dire que je les accepte. Que je m’accepte comme je suis, malgré mes imperfections. C’est le début de la guérison.

Cinquième et sixième séance : ancrer l’avenir… au présent

Laurence m’appelle et me dit, enjouée, de prendre une feuille et un stylo. Nous allons faire un exercice d’ancrage : la semaine précédente, je lui ai fait part de mon rêve de faire le tour du monde. Nous allons organiser un plan d’action de cet objectif : quand, comment et dans quelle mesure partirai-je ? Tout d’abord, elle m’interroge : « Quelles sont tes valeurs ? ». Je réfléchis : « Le respect, l’honnêteté, la volonté, la joie de vivre », et après un instant j’ajoute l’écologie. Elle me demande d’écrire ce que je souhaite accomplir durant ce tour du monde, mon but : « Je souhaite découvrir le meilleur de chaque culture visitée pendant ce voyage ». Ma stratégie est la suivante, « ne voyager qu’avec des moyens de transports écologiques ». Laurence sent que ce tour du monde, c’est quelque chose qui me fait vibrer depuis tout petit : « Maintenant, on va imaginer que tu reviens de ce tour du monde. Quand est-ce que ce sera ? Comment veux-tu être accueilli, ici, en France ? Avec des caméras ? ». Au début, je prends peur, mais il faut bien l’avouer, contribuer au développement du monde de demain, c’est quelque chose qui me fait rêver. Laurence m’a bien cerné.

Désormais, je ferme les yeux, je me vois arriver en France. J’ai enfin accompli cet objectif ! Moi qui depuis tout petit remettait toujours en doute ma capacité d’exister, qui faisait toujours attention au regard des autres, finalement, j’ai réussi ! Et ce n’est qu’un début. « Dans combien de temps auras-tu terminé ce tour du monde ? » m’interroge Laurence. « Il me faut bien deux ans pour me préparer, un an pour le faire. Peut-être trois ans ? ». Ensuite, on écrit le plan d’action : on commence par noter les dates les plus lointaines, puis ce que je dois faire à ce moment-là, et enfin le type d’énergie dont j’ai besoin pour parvenir à mes fins. Tout commence en juin 2023 pour finir, dans un mois, en juin 2020. J’ai enfin ancré mon premier grand rêve sur le papier ! Il n’y a plus qu’à suivre le déroulement des choses, rester dans le mouvement, et faire confiance à l’Univers. Cette séance plus longue comprend l’avant dernière et la dernière séances.

Merci Laurence V., et merci Epid’Amour !

Tara, ou l’histoire d’une artiste alignée avec la Nature

Tara est une artiste. Une grande. Une de celles qu’on admire. Musicienne, poète et écrivaine, elle s’intéresse aussi à la vidéo et à la peinture. Sa source d’inspiration principale ? La Nature dans son ensemble, la Vie. Quand elle fait une randonnée en montagne, par exemple, elle observe. Simplement. Sans chercher à analyser quoique ce soit. Elle mesure à quel point elle est toute petite dans cette immensité : « C’est un sentiment de Grâce ». Cela la connecte à cette source de vie en elle. « C’est un Tout dont je fais partie intégrante ». Son dernier album, Résilience, un hymne à l’existence d’une belle profondeur, nous conte, à la manière des légendes, cette vision à la fois singulière et universelle.

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« Il y a une légende amérindienne où un ancien parle à son petit-fils. ‘Les hommes ont tous deux loups qui cohabitent en eux tout au long de leur vie. Un blanc et un noir. Parfois, ils se font la guerre. Le petit-fils demande à son grand-père : ‘Quel est celui qui gagne ?’. ‘Celui que tu nourris’. » sourit Tara. Elle marque un silence bienvenu, puis continue : « Cela ne veut pas dire que le loup noir disparaît, mais qu’il est moins fort que le blanc ». Et tous les jours de cette existence, la conteuse semble triompher de son obscurité. « J’aime beaucoup le pouvoir des légendes et des contes : on se rappelle nos origines ».

Et Tara sait d’où elle vient. Philosophe, elle explique : « J’ai appris à sentir ma force de vie dans l’adversité ». Avec le recul et la maturité, elle a conscience de la sagesse de son loup noir. « Au travers de tous les épisodes vécus, mes différents voyages, j’ai pris conscience que c’est dans les moments de crises et les périodes douloureuses que j’ai paradoxalement développée une vraie gratitude ». Elle sait aujourd’hui ce qui lui fait du bien, a conscience de la chance qu’elle a. « Je suis venue sur Terre dans un pays plus ou moins en paix, avec mes dons artistiques, musicaux, et de communication ». C’est quand elle traverse des chemins douloureux ou graves, qu’elle se sert de cette connaissance pour rebondir, pour aller de l’avant. « Grâce à l’adversité, je peux maintenant me connecter à cette force de vie en moi ».

Dharamsala : l’album du retour à soi

« J’ai suivi des études supérieures dans le journalisme. Cette période de ma vie a été extrêmement sombre ». Aujourd’hui, elle comprend avoir voulu expérimenter, découvrir ses propres ombres. Et ces ténèbres, il a fallu qu’elle les éclaire : la prise de drogue ou encore les environnements obscurs, tout ça, elle ne le regrette pas. Mais elle ne le referait pas. Une fois la lampe allumée, elle a pu découvrir de nouvelles personnes « avec lesquelles j’ai pu voyager, aller dans différents pays ». Sa rencontre avec des guides spirituels l’éclaire davantage sur son chemin de vie. « C’est sur ces fondations que j’ai composé mon premier album, Dharamsala, qui porte le nom d’un village en Inde ».

« Dharamsala a ouvert ses portes au réfugiés politiques tibétains. Là bas, j’ai pu, d’abord en tant que journaliste puis musicienne, rencontrer le Dalaï Lama. Ensuite, des familles tibétaines. J’ai été merveilleusement accueillie ». Elle s’interroge alors sur ce qui est vraiment essentiel pour elle, « qu’est-ce que je souhaite offrir au monde, dans cette vie, si je venais à mourir cette nuit ? ».

L’idée de son premier album naît dans ce contexte-là : « Nous étions très haut dans l’Himalaya, et à un moment donné, les caméras ont arrêté de fonctionner. Je me rappelle qu’il faisait très froid ». Cet ‘aléa technique’ survient en même temps que la suite de rencontres formidables et ses prises de conscience naissantes. « Je devais faire un reportage sur le rapport des peuples à la Terre. Comment des peuples isolés vivaient leur écologie. » C’est alors qu’a lieu une merveilleuse synchronicité. Les caméras ne fonctionnent plus, Tara s’interroge sur son existence, « au même moment, une famille au Tibet m’a offert une guitare ». Elle prend ça comme des signes pour se remettre à chanter et à écrire. « J’ai commencé ce voyage en tant que journaliste et je l’ai fini en tant que musicienne. Je suis revenue à mon essence ».

« Au sortir de ce grand voyage, je suis retournée sur scène ». Elle chantait depuis toute petite, mais lors de ses études supérieures, elle avait un peu mis l’art de côté. « J’ai donc partagé les chansons écrites pendant mon voyage : le premier album ». Elle organise alors un concert de lancement, « à Paris, dans un très beau théâtre japonnais, le théâtre du Temps ». C’est pour elle un beau moment où elle réalise un grand rêve : rassembler des amis à elle de différentes traditions musicales. « Des amis tibétains, iraniens, et d’autres liés davantage aux traditions musicales des peuples autochtones, notamment amérindiennes. Sur scène, il y avait beaucoup de tambours, des didgeridoos, etc ». C’est pour elle un aboutissement : « Mon rêve jusqu’alors était de faire un concert où je rassemblais des gens du monde entier sur scène. Je voulais signifier que la musique est un art qui se vit, sans frontières. Sans barrières de langues ou de langage comme le solfège. C’était mon gros pari. Et je l’ai réussi ! » Quelques jours après, elle perd la vue : on lui diagnostique une maladie neurologique incurable, la sclérose en plaque.

Extrait des Contes du cœur de la Terre, de Tara :

« (…) J’ai vu comment et où prenaient racine les tremblements qui nous parviennent des Mondes autour. Dans les sept directions je suis remontée à la naissance de ses cris. Au Nord, j’ai vu la Glace fondre ou voler en éclat dans de grands bruits pareils à des orages, sous son manteau immaculé de blanc, une sève noire et dense se déversait et mangeait la beauté des cristaux de neige. Au Sud, j’ai vu la Terre assoiffée d’où plus rien qui porte la vie ne peut plus germer. J’ai observé avec effroi des êtres en asservir d’autres. À l’Ouest, j’ai été le témoin de paysages métalliques qui poussaient à la place des arbres des plus belles forêts. J’ai pleuré devant la vision de tribus entières décimées et failli m’étouffer du Feu sans fin qui ravageait cette Terre. A l’Est, mes sœurs et frères, j’ai vu des êtres entraînés à la mort et à l’extinction de leur propre espèce, et des vagues d’une force inouïe venant s’accaparer leurs trésors éphémères. Au dessus, j’ai vu un Ciel déchiré, noirci et strié de toutes parts. En dessous, j’ai vu les eaux inanimées et souillées. À l’Intérieur, mes frères et sœurs, j’ai senti une grande fissure dans le cœur des habitants de ces Mondes. Il m’a été rapportée que sur ces paroles que je viens de vous partager, l’Esprit de Chin qui traverse le Temps et l’Espace pour lier la conscience de tous les fragments de vie, émergerait de son corps de Lac pour venir à nouveau chercher ceux qui voyageront jusque dans les Mondes autour pour apporter la paix et le souvenir de qui nous sommes. Qu’il en soit ainsi, cette parole prend fin maintenant et la volonté de Chin s’accomplit. (…)« 

Résilience : l’album du retour à la Vie

« C’était il y a trois ans ». Quand on lui diagnostique cette maladie, juste après le concert de ses rêves, elle se questionne encore plus profondément : « Si cela se produit maintenant, c’est que je ne suis pas encore parfaitement alignée avec ma véritable identité ». Elle constate que cette maladie lui intime de rentrer plus en cohérence avec son chemin de Vie. « Il y avait effectivement beaucoup de choses que j’avais besoin de changer à l’intérieur, comme à l’extérieur. Dont j’avais besoin de faire le deuil, aussi ».

« J’ai quitté la région parisienne pour retourner au Pays-Basque, sur la terre de mes racines. Pour me reconnecter à la nature. J’ai rencontré mon compagnon : une relation amoureuse très forte ». Après quelques mois à se poser les bonnes questions sur la manière de guérir de cette maladie, « bien qu’officiellement ce soit une maladie incurable », elle rencontre des personnes qui l’éclairent. « J’ai vécu pas mal d’expériences pour prendre en mains cette guérison ». La musique et la Nature sont les deux grands éléments qui l’aident à guérir. « Quand j’ai retrouvé mes forces, j’ai décidé de témoigner. J’ai pu me relever à nouveau d’une manière nouvelle, en étant cette-fois ci alignée ».

Elle écrit alors la chanson « du Phénix », Libres, Phénix et Rois, « la chanson qui a invoqué toutes les autres ». Dès qu’elle formule l’intention de donner au monde cette musique, l’album lui vient naturellement. « J’ai rencontré des musiciens magnifiques, qui eux mêmes avaient un sacré parcours en terme de résilience dans leur vie ». Résilience, c’est pour elle cette capacité à se relever, à rebondir, et à aller de l’avant en se connectant à cette force de Vie, « à ce qui en nous est tellement solide qu’on peut être balayé par les vents, piétinés par des personnes ou des événements qu’on va se relever ».

« Notre environnement ne nous encourage pas à exprimer notre singularité »

Dès son plus jeune âge, Tara ose. À dix ans, au Pays-Basque, elle ne connaît personne au collège. « Pour me faire des amis, je me suis mis au milieu de la cours de récréation. Et j’ai chanté. Ça m’a attiré des gens aussi bizarres que moi » se souvient-elle en riant. « La musique m’a toujours été familière. C’est un refuge ». Elle s’en sert depuis toujours pour s’adapter à un nouvel environnement. « C’est une identité pour moi dans ce qu’elle a de plus universel. Je m’en suis toujours servi pour exprimer qui je suis ».

« Quelque chose me fait peur, c’est lié à l’amnésie : en tant qu’êtres vivants et Humanité, on se coupe de notre Mémoire. Dans un contexte où tout se virtualise beaucoup plus, j’ai l’impression qu’on devient amnésique de nos origines, de qui on est, de nos valeurs. Et de ce rapport à la Terre qui nous est essentiel. En tant qu’être humain et être vivant, on ne peut pas vivre sans la Terre, sans la Nature. Et si on est coupé de cette Humanité, on est coupé des valeurs qui vont avec : la solidarité, le respect, la bienveillance, la dignité. Notre nature humaine fait partie intégrante de la Nature ».

« Je pense que la majorité d’entre nous évoluons dans un contexte, quel qu’il soit, sociétal, familial, etc., où il y a une tendance à vouloir se diminuer pour ne pas faire de l’ombre aux autres. Où alors se diminuer pour paraître comme les autres. Mais l’un dans l’autre, c’est la même chose. Notre environnement ne nous encourage pas à exprimer notre singularité ». Or, Tara s’aperçoit très vite que de se sur-adapter à cette normalité ne lui correspond pas : « Cela a quand même causé une maladie. Ça peut aller très loin. Depuis toute petite j’arrive à voir ce qui est unique et magnifique chez chaque personne. Je peux très bien voir les ombres et les incohérences mais je vois aussi ce qui est magnifique et unique. Et je veux nourrir ça au travers de ma musique ». Le loup blanc en a encore pour longtemps. Tout est dit.

Pour en savoir plus, la chaîne YouTube de Tara.

A l’aube d’un Nouvel-Âge

La voie du milieu, qu’est-ce que c’est ? Peut-être notre libre-arbitre est-il une partie de la réponse ? Plus de deux mille ans d’histoire dirigés par le mental, où Descartes tenta de prouver la prédominance de l’esprit sur le corps. Par la suite, un monde construit sur l’ego, justifié par une logique à demi-logique, le tout encore valable aujourd’hui. À l’aube d’un changement planétaire majeur, il nous revient de questionner notre système de croyance dans son intégralité. Que voulons-nous faire de cette nouvelle ère dans laquelle nous entrons ? Fort heureusement, nous avons la liberté du choix.

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Le choix d’améliorer le monde

« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas » disaient certains, dont Malraux, le dernier en date. Quelque part, c’est vrai, parce que la spiritualité est peut-être une réponse à nos questionnements. Nous vivons dans une société radicale : les besoin du corps, les émotions, la nature ne sont plus respectés.

Scientifiquement, nous avons tous un cerveau gauche et un cerveau droit, le premier plus destiné à la logique et aux calculs et l’autre à la créativité, aux croyances et à l’imagination. Mais aujourd’hui, les émotions sont utilisées au service de la logique : dans les publicités, la politique, la religion. Notre société est construite sur un principe de dominant-dominé : l’extérieur prédomine sur l’intérieur de l’être humain. Les faits, constatables par le cerveau gauche, autrement dit le siège de la logique, sont appuyés par la créativité, le cerveau droit, à des fins commerciales.

Ce rapport dominant-dominé s’observe à différents niveaux. La femme, officiellement plus créative de par son éducation, plus à même d’utiliser son cerveau gauche, est maltraitée et sous estimée par l’homme. Elle s’est battue pour ses droits, et encore aujourd’hui, elle est sous représentée par rapport aux hommes dans les partis politiques ou encore dans les religions. Nous avons hissé notre ego au premier rang, le justifiant par une logique qui délaisse nos émotions. Nous nous identifions à nos pensées au point de nous oublier et d’en oublier notre corps. Nous avons pollué notre être tout comme notre planète en justifiant notre comportement par la croissance économique, par une logique illogique basée sur la prédominance de la matérialité.

Cette absence d’écoute de nos besoins physiologiques s’est accentuée au fil des années au point de devenir insupportable. Nous avons par exemple fait fleurir le commerce de la cigarette, de la destruction de nos poumons. Nous sommes devenus des simples produits au service de la consommation. Tout comme les animaux que nous avons maltraité de façon outrancière : nous les les maltraitons et les dévorons sans problème aucun.

Les lacs, les rivières, les nappes phréatiques et les océans sont pollué, la couche d’ozone s’amenuise et les glaciers fondent. Nous n’écoutons plus nos émotions, nous ne sommes plus connectés à notre corps. Nous ressemblons à des machines tant nous avons développé de tensions.

Il est temps de changer, de nous reconsidérer, de reconsidérer la nature.

Aujourd’hui, nous pouvons inverser la tendance en nous responsabilisant. Nous sommes tous fautifs. Nous avons tous cautionné cela. Il est bien de dénoncer, de pointer du doigt, mais nous devons aussi trouver des solutions. En reconnaissant la folie avec laquelle nous nous sommes oubliés. Nous avons une chance, celle d’avoir le choix.

Les mouvements New Ages fleurissent partout dans le monde : on se focalise maintenant sur une spiritualité renaissante pour accélérer le processus de développement humain. Certains voudraient imposer leur rythme aux autres personnes, tout comme l’ego a imposé son rythme au cour des siècles derniers. Il faut que nous trouvions des solutions communes. Nous devons nous attendre, nous écouter, discuter et trouver des compromis. Ne pas laisser un ego spirituel monter en flèche. Écoutons notre nature profonde, un mélange du corps et de l’esprit, de la logique et des émotions, pour construire notre futur.

Allier la science et la spiritualité, le cerveau gauche et le cerveau droit, c’est peut-être là un début de réponse pour bâtir un meilleur avenir.

De l’inspiration à l’expiration, l’expérience de l’ici et du maintenant

La respiration fait aujourd’hui l’actualité. Avec le coronavirus, la vie semble nous interroger : qu’est-ce que ce mouvement incessant qui fait de l’être humain ce qu’il est ? Qu’est-ce que le souffle ? Comment reconsidérer la relation à soi ? Le confinement peut-il nous permettre de retrouver notre liberté, de revenir à l’essentiel, à nous-mêmes, en nous recentrant sur ce qui pouvait jusqu’alors nous sembler futile ?

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« Le coronavirus me semble quelque peu symptomatique de notre besoin de respirer de plus en plus visible » commence Cécile Henry, sophrologue, « la vie semble suspendue, on a besoin de retrouver ce souffle. On s’interroge : ‘est-ce que tout va redevenir comme avant ?’ . Il faut laisser notre respiration être, l’encourager ». Selon elle, cette attente, ce ‘souffle coupé’ actuel de la société est profondément en lien avec le silence qui règne aujourd’hui dans nos rues : « Chaque fois que je fais une de ces sorties autorisées en ville, je m’étonne de cet absence de bruit. Pourtant, comme tout le monde est confiné, on sait qu’il y a beaucoup de monde dans les habitations ». Elle interroge : la vie est-elle toujours là ? A-t-on toujours le droit d’exister ? « De respirer ? ».

« Lorsqu’un enfant naît, son premier réflexe est d’inspirer. Cela lui déplisse ses poumons, qui à l’origine ne fonctionnaient pas. Il vivait dans le ventre de sa mère, un milieu aquatique » explique Patricia Lapoile, infirmière anesthésiste. « Le premier cri du bébé est dû à ce déplissement du poumon en contact pour la première fois avec de l’air ». Finalement, comme le résume Cécile Henry, la vie est un entre deux : « Elle commence par une inspiration, et termine par une expiration ».

Notre société semble aujourd’hui s’être plissée au milieu d’un mouvement. Une pause bienvenue pour la la nature, qui nous incite peut-être à la laisser s’exprimer davantage, à la laisser respirer à nouveau ?

Le fonctionnement de la respiration chez l’être humain

Pour respirer, l’être humain fonctionne avec des organes biologiques. Patricia Lapoile en explique le fonctionnement. « Nous respirons, car pour vivre, notre corps a besoin d’oxygène. Nous récupérons de l’oxygène dans l’air ambiant. Celui-ci se fixe sur notre hémoglobine, une molécule de protéine portée par nos globules rouges. Puis, un transfert s’effectue à l’extrémité de nos poumons, au niveau de nos alvéoles pulmonaires. L’oxygène entre dans le corps et le gaz carbonique, un déchet de notre organisme, en est expulsé ». Elle rappelle qu’il y a environ 21% d’oxygène dans l’air. « Toutes les cellules de notre corps ont impérativement besoin d’oxygène pour vivre. C’est indispensable à la vie ». Les ‘organes nobles’ que sont le cerveau, le cœur et le foi ne peuvent pas survivre sans oxygène. « Il y a certaines parties du corps, comme l’extrémité de nos doigts de pieds, qui peuvent en partie survivre sans. Mais elles sont rares ».

« Il faut voir les poumons comme un arbre : les troncs en sont les bronches. Il y a tout une arborescence. Les bronches sont grosses au départ et deviennent de plus en plus petites, si petites qu’elles se transforment en de toutes petites bronches, les bronchioles. Et tout au bout, il y a les alvéoles. Cet organe est là pour extraire l’oxygène de l’air ».

On ne peut pas contrôler notre respiration, Patricia Lapoile est claire : « On est obligé de respirer, on ne peut pas arrêter d’inspirer et d’expirer. Il y a certes une forme de contrôle, mais léger. L’automatisme de la respiration, tout comme les battements de cœur, et tous les centres nerveux qui permettent à notre corps de bien fonctionner se trouvent dans notre vieux cerveau : notre tronc cérébral situé tout en bas du cerveau. En revanche, on a effectivement un contrôle sur l’amplitude de notre respiration. On peut la modifier par la volonté. On ne l’arrête pas. Si on fait un effort, on respire plus vite, on ne peut pas s’en empêcher. C’est impossible. C’est fortement lié au dosage de gaz carbonique dans le sang. S’il y en a beaucoup, il faut éliminer davantage, et donc augmenter la fréquence de sa respiration. C’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler ».

« Finalement, l’inspiration produit une pression négative en physique, et l’expiration, une pression positive. Cela correspond à un cycle ». Et si là était la solution à nos interminables questions ? Et si nous n’avions rien à faire ? Rien à contrôler ? Laisser la respiration se faire, tant au niveau biologique, que dans la société ? Laisser le cycle se faire, à son rythme ? Pour en savoir plus, des artistes nous éclairent sur la question.

La respiration pour se connecter à l’instant présent ?

« Bien respirer, c’est savoir utiliser son principal outil, c’est à dire son corps », commence Aurélie de Foresta, comédienne et metteuse en scène. « Pendant, les échauffements, les artistes font beaucoup d’exercices autour de la respiration ». Selon elle, l’objectif est d’ouvrir le plus possible la respiration ventrale grâce au diaphragme : « C’est l’organe qui soutient notre corps ». Patricia Lapoile corrobore : « Le diaphragme est un muscle extrêmement puissant qui sépare le thorax de notre cavité abdominale. Quand on respire, et qu’on ne respire pas avec les muscles abdominaux mais juste en écartant les côtes, c’est le diaphragme qu’on met en jeu. Ce muscle très puissant nous permet de gonfler nos poumons pour récupérer de l’air ».

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Photo : Aurélie de Foresta, comédienne et metteuse en scène, Crédit : Valeria Pacella.

 

Aurélie de Foresta continue : « On cherche donc à muscler notre diaphragme, à l’ouvrir le plus possible ». Il semble être à l’origine d’une bonne respiration sur scène, mais aussi dans la vie. Juliette Coste est étudiante en théâtre aux Cours Florent, à Paris. Elle revient sur sa manière de se reconnecter à son souffle : « La respiration abdominale est à portée de tous, c’est une respiration qu’on a quand on commence à s’endormir. Elle est très simple à retrouver, une fois allongé. Quand on inspire il faut que le ventre se gonfle et quand on expire que le ventre se dégonfle. On peut s’aider d’une main sur le ventre parce qu’on le voit. Le corps est ainsi mieux oxygéné, et plus facilement détendu ». « Au début, j’ai appris à savoir où était le diaphragme » se souvient Aurélie de Foresta, « je regardais des dessins anatomiques, des vidéos sur Internet. Pour le sentir, on peut faire la boule au sol : les genoux et les mollets par terre, de la même manière que la position de l’enfant au yoga. Là, on sent le dos qui s’ouvre. C’est encore le diaphragme. Le plus important est la proprioception : bien connaître son corps et bien le ressentir ». Et connaître son corps permet une bonne connexion à l’instant présent. Juliette Coste explique : « Le souffle est un moyen de rentrer dans l’instant. Si on essaie de saccader le souffle, c’est-à-dire d’avoir des petites inspirations et expirations, ou des longues, on peut faire venir et faire monter des émotions beaucoup plus facilement. Nous travaillons beaucoup au théâtre sur la respiration ventrale, qu’on retrouve aussi chez les chanteurs. A l’inverse, dans la vie on parle plutôt avec une respiration plutôt thoracique, ou autrement dit, dans la gorge ».

A l’inverse, pour Camille Martin, une chanteuse lyonnaise, la respiration thoracique est une illusion : « La gorge est un endroit où passe l’air. Il ne fait que passer dans la gorge. C’est en revanche les muscles de la respiration qui permettent que l’air entre et sorte de la gorge ». Et pour elle, bien respirer, c’est être libre, ne pas contrôler sa respiration. « La liberté, ça se travaille. En fait, il y a à la fois du relâchement, et en même temps, c’est un geste qui ne peut se faire qu’à force d’être recherché et répété. C’est une recherche de plus d’ampleur ».

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Photo: Juliette Coste sur scène

 

Lâcher-prise pour être naturel et bien respirer ?

Ainsi, si l’on en croit Camille Martin, bien respirer, ce serait avant tout lâcher prise ? « Pour respirer sur scène, du moins quand ça se passe bien, je n’y pense plus. La respiration se met en place toute seule. Parfois, quand on travaille la technique, le plus dur est d’arriver à l’oublier. Carla Bruni a sûrement une technique vocale pas super, mais elle s’en fout ». Et sur scène, le souffle peut être un moyen de se connecter à son personnage. « Je ne vois pas comment le personnage peut exister en dehors de nous » précise Aurélie de Foresta, « le personnage est une construction fictive faite par un auteur ou une autrice. Et à partir du moment où on l’incarne, le personnage c’est nous. ». La question du souffle renvoie donc au lâcher-prise et à la manière d’incarner son personnage sur scène.

Pour Juliette Coste, « Quand on parle de lâcher prise ou d’abandon c’est assez flou. Personne ne sait vraiment sur quel pieds danser. Je pense qu’être dans l’instant c’est le travail du jeu. Il faut beaucoup travailler en amont, faire des recherches afin de rentrer dans le rôle et réagir à vif. Et le souffle peut être un moyen de rentrer dans l’instant. Comme le mouvement du vent ou celui du corps, il faut faire un avec le souffle, et selon sa qualité, on peut faire venir ou non des émotions plus facilement ». Finalement, Camille Martin résume, « bien respirer, sur scène, c’est lié à une recherche de sensations dans le corps ». Elle explique aussi que l’inspiration et l’expiration peuvent se voir comme un seul mouvement, continu. « Il y a une différence mécanique mais c’est peut-être mieux de le penser comme un mouvement global ». Ce mouvement de la respiration se comprend à tous les niveaux.

« On peut respirer nos mots » témoigne Juliette Coste. « Plusieurs acteurs qui ont déjà dû arrêter des représentations car ils n’avaient pas bien respiré leur texte. Techniquement, ils ne pouvaient plus enchaîner les représentations : ils s’étaient abîmé la gorge. Il faut faire attention. Le travail de la respiration est très important pour pouvoir acquérir une technique. Même dans l’écriture il y en a certains qui travaillent la respiration. Pour commencer un travail dans l’écriture, il faut comprendre la respiration du texte ». Elle parle de la ponctuation. « C’est un point pour une plus longue pause, une virgule avec une pause assez petite, etc. Généralement, quand on fait ce travail-là, on peut mettre notre propre respiration là où on perçoit l’essence du texte ».

Finalement, Aurélie de Foresta synthétise : « Pour chaque émotion mobilisée sur scène, il faut travailler avec la respiration. Mais tout dépend aussi du rapport à l’émotion de la personne. En art, il n’y a pas de règles. Il y a juste des outils pour travailler mais il n’y a aucune règle ». Est-ce cette absence de règle qui donnerait un second souffle de vie à notre société ? Pour en savoir plus, nous interrogeons la sophrologue, Cécile Henry.

Laisser la respiration se faire : la seule règle à retenir

« La sophrologie est une méthode élaborée dans les années 1960 par le professeur Caycedo : un neuropsychiatre colombien. Il eu ce besoin d’inspirations orientales : un certain type de yoga et notamment du Hatha Yoga, le bouddhisme tibétain et le zazen japonais. Il a ensuite créé la sophrologie en l’appliquant à sa philosophie de vie. Comment retrouver une certaine harmonie entre le corps et l’esprit ? Dans l’étymologie, on retrouve ces trois racines grecques ‘sos‘, ‘phren‘, ‘logos‘ qui renvoient à l’idée d’une étude de la science de l’harmonie entre le corps et l’esprit. Le principe : activer la conscience du corps ».

Pour Cécile Henry, la société reprend son souffle : « Cette expression est synonyme de faire une pause. Le souffle est notre vecteur de vie. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à deux questions : quelle vie je peux avoir en étant contraint dans mon espace et mon temps, Quel rythme je peux donc trouver qui soit en accord avec moi-même ? Il faut donc faire preuve d’écoute personnelle : notre corps, notre respiration, notre façon de s’organiser au quotidien, de s’écouter : l’écoute de soi en permanence, finalement. Et c’est ce que propose la sophrologie ».

Finalement, Cécile Henry explique que nous avons tous besoin d’une respiration en accord avec ce qu’on fait : « Quand je fais du sport, je dois utiliser une plus grande capacité respiratoire. Il faut chercher plus de ressources. Tout dépend de notre constitution, de notre activité. C’est comme pour un régime alimentaire. Dans la respiration, tout est finalement très simple ». La sophrologie travaille sur la conscience. Le but étant de ne pas laisser notre conscience divaguer hors de l’ici et du maintenant.

« C’est notre corps qui respire, on peut l’observer, l’encourager et surtout lui faire confiance. C’est à nous de laisser faire, plutôt que de vouloir tout contrôler. Plus on essaye de contrôler et moins on arrive à faire ce qu’on veut » résume la sophrologue. Et finalement, termine Camille Martin, le souffle, « c’est un état d’éveil, de présence ». Alors, il ne nous reste qu’à nous faire confiance pour la suite, en attendant la fin du confinement.

Pour en savoir plus :

Julien Peron : « Prendre soin de soi devrait être une responsabilité citoyenne »

« Je me considère avant tout comme un citoyen », aime rappeler Julien Peron. Touche à tout, à la fois hyperactif et à l’aise dans sa posture, autodidacte, cet homme aux nombreuses casquettes n’en est plus à son coup d’essai. Fondateur de Neo Bien-être, une agence de communication dédiée aux thérapeutes, il est aussi organisateur d’événements, et depuis 2017, réalisateur et producteur. Sacré en 1999 champion de France de kung-fu, il a développé avec le temps de belles qualités humaines, dont la patience et la curiosité. Et tout cela, aussi grâce à ce qu’il nomme sa « petite voix intérieure », ou autrement dit, son intuition.

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« Depuis une douzaine de jours, au début du confinement, j’ai mis en accès libre sur ma chaîne YouTube mon tout premier film, sorti en 2017 ». Un sujet d’actualité où il interview plus de 1500 personnes à travers le monde à l’aide d’une simple question : C’est quoi le bonheur pour vous, également le titre de son reportage. Son deuxième film, daté de 2019, L’École de la vie – Une génération pour tout changer, questionne notre société sur son rapport à l’éducation. Il y explique son rêve de vouloir monter son école de la vie, un jour, « quand je sentirai que ce sera le bon moment, comme je m’appuie sur mes intuitions ». Il pointe en effet du doigt certains de nos manquements en terme d’éducation. Selon lui, l’enseignement de l’Éducation Nationale est complémentaire à d’autres manière de se former, car l’important est de cultiver « une bonne ouverture d’esprit ».

L’activité de Julien Peron et de Neo Bien-être :

  • Le Festival pour l’école de la vie : apparu il y a cinq ans. c’est un festival qui questionne l’éducation en général. Le prochain aura lieu le troisième week-end de septembre en 2021 au château de Flauguergues, en pleine nature. 200 exposants, 35 conférences, des ateliers, des animations, des débats, des spectacles, et bien plus.

  • Les congrès Innovation en éducation, dont le quatrième aura lieu les 24 et 25 octobre 2020 à l’espace Charenton à Paris. 1100 personnes attendues, 25 stands, et le tout autour du thème de l’éducation.

  • Des séjours vélo – yoga – méditation. Le suivant reliera Dunkerque à Amsterdam en passant par Bruges et Rotterdam en vélo du 25 juillet au 2 août prochain. Très bon pour une détox du corps et de l’esprit, 12 personnes participeront à l’aventure.

  • L’école de la vie : un projet d’ouverture d’école rédigé il y a 5 ans dans un article. Aujourd’hui, c’est un fichier répertoriant 400 personnes avec lesquelles souhaite travailler Julien Perron. « Elles feront partie intégrante du projet quand je serai prêt ». Certaines fondations et quelques investisseurs privés lui ont déjà proposé leur aide.

  • Enfin, le jeu de carte C’est quoi le bonheur pour vous, au titre éponyme : prévu pour cet été, il abordera de manière ludique de nombreuses thématiques encore « peu abordées aujourd’hui ».

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Le confinement : une période consacrée à la bienveillance et à la remise en question personnelle

« Prendre soin de soi devrait être une responsabilité citoyenne », décrit Julien Peron, « et le confinement, c’est le bon moment pour se poser des questions, regarder de l’information positive ». Et cela commence par se faire du bien, « tant au niveau du corps que de l’esprit ». Le fondateur de Neo Bien-être en est convaincu : la télévision ou la radio allumées constamment à la maison, « ça doit être anxiogène, surtout en ce moment ». Ses conseils : « J’invite tout le monde à choisir son information. Il y en a suffisamment sur le Web. Autant profiter du confinement pour se libérer du poids du stress ». C’est, pour lui, le moment idéal pour s’interroger, de se poser les bonnes questions, « des questions existentielles », car dans la société, « tout va habituellement si vite. On est pris dedans. Aujourd’hui, on peut vouloir s’occuper de sa ‘machine biologique’, son corps, en s’alimentant correctement, par exemple ». Et la meilleure question est souvent la plus simple : « est-ce que je vais bien dans mon corps et dans ma tête ? » Même si les réponses sont variée, le tout, comme il l’explique, tient surtout au niveau de l’équilibre.

Il a conscience que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, « déjà, de façon pragmatique, au niveau de l’appartement ». Lui-même le sait, après être resté pendant plus de dix ans dans un dix mètres carré à Paris, d’un immeuble au dixième étage, et sans ascenseur. « Je m’imagine si j’étais encore là-bas. J’aurais sûrement continué à faire du sport, parce que ça fait partie de mon équilibre ». Il pense aussi aux parents qui doivent entretenir une vraie « gymnastique » pour faire du télétravail et en même temps s’occuper de l’éducation de leurs enfants. « Pour d’autres, le confinement n’est pas si terrible. Bien au contraire ».

Se faire confiance et s’écouter soi-même

Depuis la mise en accès libre sur la plate-forme YouTube, du film C’est quoi le bonheur pour vous, Julien Peron reçoit depuis plusieurs jours beaucoup de messages de soutien : « C’est impressionnant le bienfait que ce film peut procurer. J’ai tendance à le voir comme un catalyseur par rapport à certaines prises de conscience ». Passionné, il a tendance à voir les messages de ses interviewés comme une évidence : « C’est comme de prendre un bon livre de développement personnel. À chaque lecture, on tombe sur des passages qui nous semblent vrais. C’est une formulation de ce qu’on pensait, mais de manière inconsciente ». Et le film a bien plus d’un demi million de vues depuis le début de la crise. Cela interroge, questionne le rapport de l’être humain à la bienveillance. « Il y a un véritable boom de la solidarité en ce moment. Tous ces thérapeutes, ces grands écrivains qui se mobilisent, c’est vraiment encourageant. Tout comme ces personnes qui applaudissent le soir à la fenêtre à 20 heures ». Peut-être que cette vision amènera les individus à se lancer pour vivre leurs rêves, en n’ayant plus peur du ridicule.

« Il est bien de se confronter régulièrement à sa zone de confort » décrit Julien Peron. Sinon, il n’aurait jamais pu faire son film. « Plus on procrastine, plus ça prend du temps ». Selon lui, il est important de se faire confiance et de s’écouter soi-même : « Mes rêves ne sont pas forcément les rêves des autres, et pourtant je vais vouloir en parler autour de moi. À mes amis, ma famille, etc. Et ils ne vont pas obligatoirement aller dans mon sens. Pour eux cela sera bienveillant de me questionner sur la pertinence de mon projet ». Bien sûr, il explique qu’il faut écouter autour de soi, « mais ensuite soi-même pour prendre la décision : si intérieurement je sens que c’est bon pour moi, il faut franchir le cap. Et peu importe le rêve ».

Pour cela, adopter une hygiène de vie peut être bénéfique. Julien Peron fait du sport, s’alimente correctement, et médite, par exemple : « La méditation, ça n’a rien de religieux ou de sectaire. C’est un exercice de relaxation, de respiration. Quand je fais la vaisselle, je médite, tout comme en vélo. Je suis concentré sur mon corps sur ma respiration. La méditation c’est le fait de se poser et de se centrer sur quelque chose ». Il conseille de prendre un temps pour soi chaque semaine, peu importe le nombre de minutes : « C’est un premier pas vers la prise de conscience, vers le bonheur ». Et pour savoir ce qu’est le bonheur pour lui, il faut aller voir son film !

Pour en savoir plus :

The Greener Good : « L’écologie, c’est avant tout une philosophie de vie »

« Le rapport de l’Institut Carbone 4 datant de juillet 2019 m’a beaucoup parlé : il montrait qu’à l’échelle des individus, nous avons le pouvoir de réduire d’au moins 20% nos émissions ». Clémentine Mossé est loin d’être défaitiste. Fondatrice et présidente de l’association The Greener Good, elle est une hyperactive de l’écologie. Son credo : promouvoir un style de vie écoresponsable à tout niveau : alimentaire, cosmétique, vestimentaire, et bien plus. Ce à quoi elle s’attelle jour après jour avec son association. Elle espère que la crise du coronavirus aura au moins pour effet d’en amener certains à revoir leur politique environnementale.

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« L’écologie, c’est avant tout une philosophie de vie ». Selon Clémentine Mossé, il n’est pas utile de consommer encore et toujours plus : cela ne nous permettra pas d’être heureux. « Nous pouvons consommer moins et mieux. Nous n’avons pas besoin de passer le samedi au centre commercial ou de prendre l’avion constamment pour se faire des petits week-ends ici et là ». Elle pense que chacun peut agir à son échelle pour améliorer les choses : « Certains disent qu’il ne sert à rien d’agir en ‘petit colibri’, que modifier son comportement au niveau individuel n’a aucune utilité. Je ne le crois pas ». D’ailleurs, sans elle, The Greener Good n’aurait sûrement pas vu le jour. À son niveau, elle a pu créer une association lyonnaise de plus en plu populaire, et qui se bat tous les jours pour des idéaux écoresponsables.

The Greener Good : une association lyonnaise sur l’écologie qui monte en puissance

En mai 2016, Clémentine Mossé a pour idée de créer un événement en rapport avec l’écologie : « Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, que je devais agir à mon niveau ». Son ambition : montrer d’abord à ses proches, puis aux autres personnes, comment nous pouvons agir pour rendre notre vie plus « durable et écoresponsable ». Elle souhaite donc organiser un événement qui rassemble des individus sensibilisés aux mêmes causes qu’elle. « Il s’agissait de personnalités d’internet, que je trouvais intéressantes. Ils avaient des blogs ou des chaînes YouTube ». A sa grande surprise, l’idée plaît. Les réponses qui lui arrivent petit à petit sont globalement positives. Elle crée donc en juin 2016, The Greener Good, une structure associative pour porter le premier projet, l’ancêtre du Greener Festival.

Le premier a donc lieu en octobre 2016. « Nous avons réuni 150 personnes sur une journée ». Le matin, une conférence est organisée avec la douzaine d’invités conviés par Clémentine Mossé. Elle détaille : « L’après-midi il y a eu une quinzaine d’ateliers sur différents sujets : la mode éthique, les cosmétiques biologiques, ou encore les huiles essentielles ». Elle a alors de très bons retours, « certains sont venus me voir pour me proposer de développer l’idée avec moi. Ils avaient trouvé l’événement génial ! ». Et tout ça, en 4 mois.

Les prochains événements de The Greener Good :

  • Le prochain Greener Festival aura lieu les 3 et 4 octobre 2020 avec pour thème la façon de de se nourrir, et pas seulement alimentaire.

  • Le Guide pour Consommer Responsable à Lyon et ses Environs : 228 pages (prix libre), et 460 bonnes adresses, commerces, restaurants, et marques à Lyon pour consommer plus durable. Dès la semaine prochaine, il sera imprimé en 4000 exemplaires. Disponible dès la fin du confinement.

  • Les soirées Get Green Together : la prochaine s’inscrira dans une démarche Fashion Révolution pour sensibiliser les individus aux impacts de la surconsommation dans le monde de la mode. L’objectif : mettre en lumière la mode éthique.

Ensuite, tout s’accélère : « Les trois années suivantes ont été assez intenses ». The Greener Festival se développe à Paris en 2017 avec 200 personnes, et en parallèle, à Lyon, se stabilise au château de Montchat, dans le troisième arrondissement, « et le tout, sur deux jours à partir de 2018 ». L’an dernier, ils étaient près de 3000 participants au festival. Et cela, Clémentine Mossé le doit à sa persévérance. Ce n’est qu’en juillet 2019 qu’elle quitte son travail pour se lancer durablement dans l’écologie.

Le parcours de Clémentine Mossé : de l’ingénierie à l’écologie

« J’ai un parcours ‘classique’, à l’origine. J’ai un diplôme d’ingénieur assez technique de l’École Centrale de Marseille ». Depuis petite, elle est sensibilisée à l’environnement : « Ma mère s’intéressait à l’alimentation biologique. J’ai tout de suite baigné dans cet univers ». A l’école, Clémentine Mossé n’est pas trop attirée par le côté théorique. C’est tout le contraire : elle s’investit dans des associations étudiantes. Elle rigole : « J’étais forcément dans l’asso écolo du campus ». Mais elle contribue aussi aux actions d’une autre structure, Le Forum Focéen, « qui organise, encore aujourd’hui, des rencontres entre étudiants et entreprises. J’ai vite su que j’aimais l’événementiel ».

Elle arrive à Lyon en 2012 pour y travailler dans bureau d’études sur les transports ferroviaires. Un an plus tard, elle rejoint un autre bureau d’études, cette fois-ci spécialisé dans les transports urbains : « Ce n’était pas vraiment un métier épanouissant pour moi », et à force de se renseigner sur l’écologie, cela lui tenait de plus en plus à cœur. « Plus je m’y intéressais, plus je me rendais compte des aberrations de notre société actuelle, de notre mode de vie et de consommation ». Ces questions écologiques l’amènent à changer sa propre manière de vivre : « Par exemple, à l’origine, je n’avais pas du tout conscience de l’impact de l’industrie textile sur l’environnement ». Ni sur les humains et leurs conditions de travail.

Petit à petit, elle change son quotidien. Mais elle ne voit pas de modifications des comportements autour d’elle. « C’est de là qu’est née l’idée de l’association. Je me sentais un peu seule, par rapport à mon entourage. Je voyais qu’il y avait une grosse nécessité de changement. Je voulais créer un événement pour rassembler les gens dans la même dynamique ».

Malgré l’impact positif du confinement sur l’écologie, Clémentine Mossé souhaite continuer à se battre après la crise du coronavirus : « Les gouvernements vont sûrement faire beaucoup d’efforts pour relancer l’économie, les industries et le transport aérien, et finalement, revenir dans un système qui entretien la crise écologique ». Essayons alors de modifier nos habitudes. Peut-être pourrons-nous, à l’avenir, grâce à des personnes comme elles, vivre dans un monde plus écoresponsable ?

Pour en savoir plus : https://www.thegreenergood.fr/